Enodia : DéFI Liège soutient l’initiative industrielle publique !

Conseil communal extraordinaire du 1er octobre, sur la situation de l’intercommunale Enodia et de ses filiales.

Il est dommage que le conseil communal de ce soir ne soit pas retransmis en direct sur le site de la Ville de Liège, surtout vu l’importance du sujet.

Rappel du contexte

L’affaire Publifin/Nethys est un feuilleton qui semble ne jamais devoir s’arrêter…Le 20 décembre 2016, il y a presque trois ans qu’éclatait le scandale Publifin/Nethys. Sur base des informations récoltées par Cédric Halin, l’ancien échevin des Finances de la commune d’Olne, le Vif/L’Express révélait que plusieurs mandataires politiques locaux, membres du PS, du MR, du cdH avaient perçu d’importantes rémunérations de Publifin, pour des réunions des comités de secteur ou de sous-secteur de l’intercommunale. Ces organes consultatifs ont été supprimés.

Une commission d’enquête parlementaire du Parlement wallon a accouché de recommandations et un décret sur la gouvernance a vu le jour.

Début de ce mois, nouveau rebondissement dans ce scandale : selon la presse, Voo, WIN et ELICIO auraient été vendues fin mai, quelques jours à peine avant les élections, afin d’échapper à l’application du nouveau décret wallon (qui prévoit notamment comme nouvelle contrainte pour Nethys, de devoir demander un avis conforme préalable de l’actionnaire ENODIA) et sans avertir les administrateurs d’Enodia.

Ces derniers rebondissements posent évidemment question sur un certain nombre de points : j’avais préparé une série de questions pour les auditions, qui n’auront finalement pas lieu. C’est dommage.

Il aurait été intéressant de demander qui était au courant de ces deux offres liantes, et des projets avalisés par les administrateurs de Nethys en dehors de ces derniers ? Pierre Meyers, président du CA de Nethys assure dans le Soir avoir “tenus informés des progrès les principaux responsables politiques concernés, on les appelle dans notre jargon les mains invisibles, ils ne connaissaient pas le nom du repreneur mais connaissaient les grandes orientations et même plus que cela”. Cela pose aussi question : si cela est exact, pourquoi le président du CA de Nethys tient-il informé des personnes en dehors du CA de Enodia ?

Je prends acte de la proposition du Bourgmestre d’organiser une Commission qui sera l’occasion d’interroger le management de Nethys et d’Enodia et d’avoir je l’espère, des réponses

Position de DéFI sur ce dossier 

Tout d’abord, il est positif que rien n’ait été décidé concernant la cession des actifs de Nethys lors du CA d’Enodia du 25 septembre. Il est important de temporiser, prendre le temps d’y voir + clair : de nombreuses questions se posent et doivent trouver une réponse.

Plus largement, un débat sur l’avenir du groupe et le devenir de l’initiative industrielle publique est nécessaire.

  • DéFi fait le constat d’une indispensable transformation de l’intercommunale ENODIA. Cette transformation pourrait se faire en plusieurs étapes :
  1. Il est temps de mettre fin aux petits arrangements entre partis politiques liégeois.

Comment ? En mettant fin à l’intercommunale Enodia. Il s’agit de démanteler la structure intercommunale Enodia/Nethys et de transférer l’ensemble des activités du groupe dans une nouvelle entité.

  • Cette réforme permet une dissolution des organes de gestion de l’intercommunale et une remise à plat du management.
  • La mise en place d’une nouvelle structure où l’on garde l’ensemble des activités économiques liégeoises, dans le giron public. DéFI accorde de l’importance à l’initiative industrielle publique, elle est essentielle pour l’économie liégeoise et wallonne.

Il y a donc un transfert des activités au sein d’une nouvelle structure dont la gestion est confiée à la région wallonne, au travers de la Société Wallonne de Gestion et de Participation (SOPEGA) et de la Société régionale d’investissement (SRIW) qui disposent des moyens financiers disponibles nécessaires à l’opération. La provinces et la communes restent évidemment actionnaires

  • Désignation d’un manager de crise au sein de la nouvelle structure « New Enodia ». Il faut que ça soit une personnalité incontestable, un chef d’entreprise, une sorte de Gandois wallon. Cette personnalité sera chargée de maintenir la politique industrielle du groupe, de faire l’état des lieux et réfléchir à la réorganisation des activités, en prenant en compte l’ancrage liégeois.

Actuellement il n’y a pas grand monde qui y voit clair, administrateurs du CA d’Enodia compris, Moreau et son entourage excepté. Il faut un schéma complet de la structure au niveau financier et opérationnel pour que les actionnaires puissent y voir clair (en prenant compte l’emploi et l’ancrage liégeois). Cela permettra d’établir les lignes de force d’une nouvelle stratégie industrielle prioritairement focalisé sur les activités du groupe.

Ce sera ensuite le moment pour réfléchir à certaines questions :

  • Une fusion entre ORES et Resa, les deux principaux gestionnaires de réseau de distribution d’énergie en Wallonie est-elle judicieuse ?
  • Est-il opportun d’opérer une réorganisation du groupe ? Si oui, à quelles conditions (quels pôles et/ou quelles sociétés convient-il de privatiser ou non ?) et quel impact attendu sur l’emploi ?
  • Cette opération permettra d’opérer des choix en toute transparence et sans tabou. Rien n’est encore joué.

•          Stéphane Moreau, Top-Management ?

Je terminerai par le top management dont on parle depuis 2 ans, au cœur du scandale Publifin/Enodia et dont la résilience est impressionnante : Stéphane Moreau. Il est sur le départ. Il est assez choquant de le voir partir de cette façon, avec une partie des activités du groupe. On a souvent entendu le discours qu’au fond, Stéphane Moreau était un excellent chef d’entreprise, un vrai top-management. Et pourtant, cela fait déjà quelques mois qu’il est poussé vers la sortie et il ne semble pas qu’il ait été approché par un chasseur de tête pour diriger une grande entreprise belge ou étrangère et exercer ainsi son grand talent managérial. Un peu comme Dominique Leroy pour Proximus, ses états de service impeccables avaient attiré le néerlandais de KNP. La suite est moins drôle. Non, au final, Stéphane Moreau va se retrouver consultant externe de deux petites entreprises (WIN et ELICIO, ce sont moins de 100 employés chacune).

  • Motion du Collège

C’est une Motion assez consensuelle où chacun peut s’y retrouver. Elle met en exergue une recommandation du rapport de la Commission d’enquête du Parlement wallon, qui concerne le périmètre d’intervention du groupe et qui est assez ambiguë. La preuve, c’est qu’au niveau wallon Ecolo et le MR (wallon) n’ont pas la même interprétation de la recommandation, sur la privatisation des activités concurrentielles.

A ce niveau, DéFI est attaché à l’initiative industrielle publique, dans la ligne d’un André Cools, cette stratégie a fait ses preuves, je pense notamment à l’Aéroport de Liège qui est devenu en 20 ans l’un des aéroports les plus importants en termes de fret, avec les retombées en matière d’emplois, notamment d’emplois peu qualifiés.

Ceci étant dit, DéFI ce n’est pas la gauche doctrinaire et idéologique. S’il est avéré que pour certaines activités, il y a une logique économique à faire appel au privé APRES analyse sérieuse et débat transparent, pourquoi pas …

Je pense évidemment au cablo-opérateur VOO, où certains arguments plaident peut-être, c’est à vérifier à l’analyse, à une privatisation partielle.

  • Les investissements : Le déploiement de la fibre optique et des technologiques associées (internet ultra-rapide), qui représente le prochain défi dans le déploiement de connexions fixes ultra-rapides, sera nécessaire à la hausse de productivité au sein de nos entreprises et au développement des secteurs numériques.  Cela demande des investissements conséquents qu’un opérateur privé est, peut-être, c’est à vérifier, plus à même de réaliser.
  • L’opérateur historique et principal, Proximus, a un contrôle public : le marché est donc régulé par le principal opérateur
  • Optimisation des deniers publics. La revente des parts permettrait d’affecter les deniers publics à d’autres projets et investissements plus stratégiques. Et continuer ainsi d’alimenter l’initiative industrielle publique Vers quels secteurs ? C’est une question que les actionnaires devront trancher.

Malgré son coté consensuel, DéFI n’a pas d’objection à la présente motion et votera en faveur du texte.

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