Position de DéFI Liège sur le plan urbain de Mobilité

Intervention du conseiller communal François Pottié sur le Plan Urbain de Mobilité, lors du conseil communal du 4 février 2019 :

Retrouvez ici dessus mon intervention en vidéo, sur le Plan Urbain de Mobilité. (extrait de la retransmission en direct du conseil communal du 25 février 2019)

“Je vais vous exposer la position de DéFI concernant le Plan Urbain de Mobilité de l’arrondissement de Liège.

Le plan urbain de mobilité présente une vision de la mobilité pour l’arrondissement de Liège cohérente et ambitieuse, tout en étant réaliste. Le PUM met clairement l’accent sur la multi modalité (points d’échanges multimodaux, parking de dissuasion) et fait la part belle aux transports en commun (le tram, les nouvelles lignes de bus, lisibilité du réseau, BHNS, le réseau express liégeois, etc.) et à la mobilité douce (corridors vélos, offre de stationnement, etc.). Il y a par ailleurs des propositions innovantes en matière de gestion de la demande (télé travail, décaler les horaires de travail et de cours, informer les voyageurs quant aux pics de fréquentation, etc.). On parle également d’une zone basse émission  pour améliorer la qualité de l’air dans le centre. Celle-ci est catastrophique, comme les récentes études de Greenpeace le rappelle.

Ce plan va donc dans la bonne direction et, s’il est appliqué, pourrait résorber le gros retard de l’agglomération liégeoise de ces dernières années en matière d’investissements dans les transports publics. Liège est encore très marquée par l’époque du tout à la voiture. Le schéma « au fil de l’eau », soit le scénario sans les investissements massifs dans les transports en commun, serait une catastrophe pour le grand Liège en termes de congestion automobile. Cela permet de voir l’ampleur des corrections à apporter en termes de mobilité durable à l’horizon de 2030.

Quelques points posent cependant question :

  1. Absence de planification budgétaire et d’opérationnalisation des priorités

Il faudrait entre 800 millions et 1 milliard pour mettre en place l’ensemble des mesures du PUM, hors CHB. Une somme importante qui nécessitera des budgets extraordinaires. A ce niveau, le PUM n’offre aucune planification ni garantie budgétaire. On constate également une absence d’opérationnalisation des nombreuses priorités du PUM : pas de hiérarchie ni d’articulations entre elles. Le PUM dit juste de commencer par la gestion de la demande.

Ce sera au Gouvernement wallon de prioriser les actions, d’établir un plan de mise en œuvre et de financement du plan d’actions PUM. Bref, à l’heure actuelle, nous avons un catalogue d’actions sans moyens ni calendrier. Il y a une vraie incertitude par rapport à l’implémentation du PUM. Celui-ci n’étant pas contraignant. Il faudra donc être vigilant pour ce que plan ne reste pas théorique !

2. Oubli de la deuxième ligne de tram

En 2009, lors du lancement du projet de la ligne 1 du tram, entre Jemeppe et Herstal, le Ministre André Antoine avait évoqué la phase deux d’un futur réseau de lignes de tram, entre Ans et Chaudfontaine. Si on parle toujours bien de la ligne longue (Herstal – pont de Seraing) dans le PUM, il n’y a plus aucune mention de la ligne 2. Le PUM ne retient donc pas l’idée d’un réseau de lignes de tram pour Liège, comme cela s’est fait dans de nombreuses villes françaises, qui ont réintroduites le tram. C’est évidemment une vraie déception pour les défenseurs un véritable réseau de tram, en étoile sur l’agglomération de Liège. Paradoxalement, la deuxième ligne de tram se retrouve dans la Déclaration de politique communale.

3. CHB

CHB est le projet controversé du PUM, il a déjà fait l’objet d’énormément de débats …Il s’agit d’un vieux projet des années 60, anachronique à l’heure où l’on parle tant de lutter contre la périurbanisation. Il a été récemment relooké en concept multimodal dans le PUM. C’est audacieux !!!

Le « principe STOP » recommande aux politiques de mobilité de prêter d’abord attention aux piétons, ensuite aux cyclistes, ensuite aux transports publics et finalement aux voitures individuelles. Suivent ce dernier principe, CHB ne devrait être envisagé que si les autres mesures préconisées dans le PUM sont mis en œuvre. Hélas, le PUM ne l’indique pas clairement. Une ambigüité subsiste.

Cela étant dit, je ne m’associerai pas au dogmatisme de certains qui remettent en question la nécessité d’un contournement est de Liège. Si CHB est inadapté et inefficace, il serait tout de même intéressant d’étudier les alternatives. En janvier 2019, Pierre Arnould a présenté une alternative, avec un cout similaire à celui de CHB. Il s’agit d’un tunnel qui passerait sous le massif rocheux de Robermont et reliant les E25 (Maastricht Ardennes), interrompues aux portes de agglomération liégeoise. Ce tunnel pourrait être combiné à un parking relais souterrain pour s’inscrire dans une optique multimodale. Cela règlerait aussi le souci des nuisances environnementales. L’idée a d’ailleurs été évoquée par Monsieur le Bourgmestre lors des vœux à la presse.  Les couts d’investissements et d’exploitation pourraient être intégralement supportés par le privé. Une étude économique confirme  la rentabilité de l’opération (via un péage)

En conclusion, le PUM fait place à une mobilité durable pour l’agglomération de Liège. Je regrette vraiment que l’on soit obligé de voter pour ou contre le PUM dans son ensemble, j’aurai souhaité m’abstenir sur le point concernant CHB, qui trahit la finalité du PUM et voter en faveur du reste du PUM, que je trouve positif, ambitieux et cohérent et malgré les incertitudes concernant l’implémentation. Par conséquent, DéFI s’abstiendra sur le PUM.”

François Pottié. Conseiller communal de la Ville de Liège

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