Projet de Ville Liège 2025 : un catalogue de bonnes intentions

Intervention lors du conseil communal du 30 septembre 2019 – Point 59 du Bourgmestre, sur le Plan Stratégique Transversal (Projet de Ville Liège )

Le projet de Ville Liège 2025 ressemble à un catalogue de bonnes intentions : pas moins de 137 actions prioritaires sont décrites dans le document. Il a pas mal d’idées, souvent intéressantes, certaines très consensuelles, certaines un peu superflues. J’en commenterai certaines par la suite

Le projet Liège 2025, c’est aussi une logique proche du programme électoral : le PST ne contient aucune évaluation ou estimation budgétaire et les actions prioritaires ne sont ni hiérarchisées ni planifiées.

  • Absence d’évaluation/estimation budgétaire : c’est un document qui ne comporte pas de chiffres. En commission, M. Peterkenne nous a indiqué qu’il n’était pas possible de budgétiser, qu’il y avait des inconnues au niveau des subsides (RW, FEDER) et que budgétiser amènerait un risque de « dérive bureaucratique ». Ok mais cela n’empêchait pourtant pas d’avoir, ne serait-ce qu’une indication sur les coûts des projets, une estimation financière, une fourchette de ce que chaque mesure allait couter.

Je prends un exemple très concret : le document évoque l’adaptation des horaires des mairies de quartiers. C’est à mon sens une bonne mesure. Il me semble que l’administration est tout à fait capable de nous indiquer ce que couterait une soirée d’ouverture par mairie de quartier et par semaine (en termes de personnel). Cela permettrait de mettre en perspective : compte tenu du cout, est ce que ça vaut vraiment la peine d’ouvrir une soirée par semaine. Ne faudrait-il pas ouvrir plutôt les mairies de quartiers une soirée par mois. 

Le niveau budgétaire est tout de même abordé à la page …158 du PST. C’est un peu comme l’accord Arc-en-ciel du Gouvernement wallon : on parle de budget à la fin et on ne dit pas grand-chose. Il y a tout de même une phrase très intéressante, je cite « Cependant, cette mise en œuvre se réalisera dans le cadre global des possibilités et des contraintes auxquelles la ville doit et devra faire face sur la période concernée, en particulier en tenant compte de la solution qui sera trouvée pour les charges issues de la cotisation de responsabilisation en matière de pensions ». C’est finalement le moment du document le plus en phase avec la réalité : la marge de manœuvre budgétaires de la Ville de Liège va être étroite dans les prochaines années. Cela m’amène à mon deuxième point.

  • L’absence de hiérarchisation des projets, l’absence de priorisation des projets. On a 137 actions prioritaires et une marge de manœuvre budgétaire étroite pour les années à venir et pourtant, il n’y a aucune priorisation des projets. On mélange des projets très importants avec des actions plus accessoires… Des actions très importants comme les rénovations urbaines, les pistes cyclables ou la lutte contre les logements inoccupés sont mis sur un pied d’égalité avec des mesures inutiles comme par exemple le budget genré ou anecdotique comme le développement du chant collectif. Elles sont toutes au même niveau. Il y aurait eu moyen, me semble-t-il, au sein de chaque thème, de prioriser les actions « prioritaires », sachant qu’au vue de la situation budgétaire, il faudra faire des choix. Et choisir, c’est renoncer !
  • Absence de planning de mise en œuvre : Mise à part certains projets où il est indiqué que la temporalité sera le long terme (je pense au retour de l’unif en ville ce qui est logique ou au BHNS, ce qui l’est moins, j’y reviendrai), il n’y a aucune indication sur le planning de mise en place des actions prioritaires dans le PST.
  • Etudes intéressantes que la ville souhaite lancer : comme par exemple l’étude du phénomène de la logistique urbaine. Il est judicieux d’étudier ce phénomène vu l’essor important de l’E-commerce. Je pense aussi à l’étude du développement de la faisabilité du transport fluvial comme complément aux transports en commun. C’est une idée qui est beaucoup revenue parmi les courriels que j’ai reçu ces 8 derniers mois. L’étude de faisabilité sur la Zone de basse émission est également une très bonne chose. Je suis convaincu qu’il s’agit d’une excellente mesure pour améliorer la qualité de l’air en ville. Une étude permettra d’objectiver les avantages et les inconvénients.
  • Evaluation des actions prioritaires du PST : c’est généralement le maillon faible de toutes les politiques entreprises, quel que soit le niveau de pouvoir. Le PST est soumis à l’évaluation à deux reprises au cours de la mandature. On se limite à l’obligation légale, rien n’est concrètement organisé en matière d’évaluation. Je sais évidemment que pour un exécutif, il est dangereux de trop s’aventurer dans l’évaluation des politiques publiques. La Belgique n’a pas non plus une grande culture de l’évaluation. Et pourtant, cela permettrait de voir, si réellement, la politique menée est efficace. Et avec des réorientations si nécessaire, dans l’intérêt des projets et actions entreprises.

Participation citoyenne

  • Processus participatif de Liège 2025

Le document prend bien le temps d’expliquer tout le processus participatif. La méthodologique, l’analyse des résultats et le suivi du processus participatif sont explicités dans une vingtaine de pages. On est loin du processus « Réinventons Liège », lancé à la fin de la législature et qui, très habilement, avait lancé la campagne électorale de la majorité précédente.

Ici, avec « Liège 2025 », on est dans quelque chose de + authentique, de + sincère. Cela donne l’impression que la Majorité a enfin saisi toute l’importance de la participation citoyenne. Les citoyens ne doivent pas être consultés que lors des seules échéances électorales. La démocratie participative peut être un remède possible à la crise de défiance qui touche la sphère politique, non pas en remplaçant la démocratie représentative mais en rapprochant citoyens et élus. L’échelon communal se prête par excellence à un renforcement de la participation des citoyens

Le processus mériterait d’être analysé en détail : c’est l’objectif de la Commission de la Participation citoyenne qui aura lieu le 9 octobre. C’est un peu dommage que la Commission n’ait pas eu lieu AVANT cette séance de débat sur le PST.

J’avais tout de même quelques observations sur la méthodologie du processus participatif (c’est sur la méthodologie que se joue la CREDIBILITE de la démarche):

  • 5513 votants sur la plateforme numérique, cela reste tout de même assez faible pour une Ville de 200 000 habitants
  • La faible participation des jeunes (- 18 ans) malgré le fait que le processus se déroulait sur une plateforme numérique. La période d’examens explique sans doute en partie cette moindre participation, entre autres.
  • La publication sponsorisée sur les réseaux sociaux aurait été un vrai + pour faire connaître le processus. Je ne pense pas que cela a été fait.
  • Le délai extrêmement court pour voter alors que beaucoup de projets  : entre le 11/06 et le 30/06
  • Le peu de monde à la Nuit des Débats (en ne comptant pas journalistes et politiques) mais une belle participation -semble-t-il dans les ateliers de quartiers.

Sur l’analyse des résultats : je trouve que globalement, le résumé est fidèle à ce qui a été exprimé par les participants. Il y a parfois l’une ou l’autre phrase un peu gênante, comme à la page 41, sur le point propreté : on peut lire que la propreté est toujours un sujet important mais n’est plus en tête des choix citoyens. Et puis, il y a ce commentaire : « les nombreuses actions entreprises par la Ville ses dernières années semblent avoir portés leurs fruits ». C’est un commentaire d’auto félicitation de la majorité politique partial, ça n’a absolument rien à faire dans une analyse des résultats d’un processus participatif.

Sur le suivi participatif : c’est assez satisfaisant. Le fait de répondre aux déposants de projets, d’assurer en quelque sorte le « service après-vente ». Il y avait des propositions hors compétences de la Ville, des propositions très locales, des propositions irréalistes (je pense à l’assèchement de la Dérivation…) C’est important de revenir vers ceux qui se sont manifestés.

  • Budget participatif d’un million d’euros

C’est une excellente mesure, elle était dans la DPC. Le budget d’un million d’euros, montant équivalent à la Ville de Gand, doit être sanctuarisé dans chaque budget.

 Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris les modalités à la lecture du PST. Celui-ci semble sous-entendre que ce sont les projets de quartiers formulés dans le processus Liège 2025, qui seront prioritairement réalisés dans le cadre du budget participatif. Je trouve ça un peu étrange. Je pense qu’il y a pas mal de citoyens qui se sont abstenus de déposer des projets trop locaux pour le projet de ville Liège 2025 en attendant le budget participatif. J’aurai voulu avoir une précision sur ce point.

A mon sens, le budget participatif digne de ce nom est un processus participatif à lui tout seul. A Gand, il se déroule en plusieurs phases : 1. définition des règles du jeu (qui peut participer ? Comment ?), 2. Collecte des idées de projets par quartier, 3. L’analyse technique par l’administration pour vérifier la faisabilité, la légalité et le chiffrage, 4. Vote des projets par quartier et enfin 5. La mise en œuvre des projets par quartier (rédaction du cahier des charges, travaux, etc.). Telle est la procédure d’un vrai budget participatif.

  • Conclusion du processus participatif

Il y a un effort indéniable et inédit de la Ville de Liège en matière de participation citoyenne avec une méthodologie renforcée pour le processus participatif du projet de Ville et des budgets participatifs.

  • Ne serait-il pas opportun de formaliser tout cela dans un code de la participation citoyenne : c’est-à-dire, un règlement communal qui reprendrait TOUTES les possibilités de participations pour les citoyens (méthodes du processus participatif du projet de ville, budgets participatifs mais aussi rappeler le droit d’interpellation citoyenne, les procédures pour les projets et pourquoi pas aussi, les comités de quartiers – ce serait l’occasion de se pencher sur leur fonctionnement.) Bref, un document qui matérialise la volonté « participative » de la Ville.

Les 137 actions prioritaires

Je ne vais évidemment pas commenter chacune d’entre elles. Je vais faire des commentaires ciblés sur certaines mesures, sur des sujets qui m’intéressent particulièrement :

  • THEME 5 – Assurer le rayonnement de Liège

Je vais me concentrer les mesures qui touchent au commerce, c’est un thème qui me tient particulièrement à cœur. Il y a pas mal de mesures qui ont l’air bien sympathiques comme la volonté de promouvoir les atouts commerciaux au sein l’Eurégio ou le label pour les commerçants. Des absents étonnants aussi.

  • Lutte contre les cellules commerciales vides : dans la partie « Liège en chiffres », « 1128 cellules commerciales dans l’hyper-centre et son faible taux de cellules vides ».

Alors, le fameux soi-disant faible taux de cellules vides, c’est 18 % selon les chiffres de fin 2018 selon AMCV !! 18% de commerces vides. Le chiffre est en baisse mais reste élevé. Dans certaines rues commerçantes autrefois prospères (St Gilles, Cathédrale, Pont d’Avroy), + d’un tiers des cellules commerciales sont vides !

Cette mesure se retrouve dans tous les Projets de Ville depuis 20 ans, avec résultats mitigés.

  • Le PST suggère poursuivre et d’amplifier l’action CREASHOP de différentes façons. C’est une excellente mesure pour favoriser le commerce de qualité. Il y a d’autres mesures explicitées qui ont l’air intéressante. On voit qu’il y a une reflexion et un certain volontarisme.

 Pour DéFI, il manque deux mesures :

Étendre les rues concernées par le programme CREASHOP et penser aux quartiers           périphériques.Il ne faut pas se concentrer uniquement sur le Grand Léopold.

envisager la suppression pendant 3 ans les taxes communales des nouveaux commerces qui s’installent dans une cellule commerciale vide.  Je sais qu’il y a des obstacles juridiques (égalité des commerçants) mais je suis persuadé qu’une excellente juriste comme Madame Fraipont trouvera une solution satisfaisante.

  • Parallèlement à ça, je suis un peu surpris par l’absence d’une action relevant de l’e-commerce. S’il y a bien un phénomène qui est en train de bouleverser le commerce traditionnel aujourd’hui, c’est le commerce en ligne. Il faut aider nos commerçants à survivre à cette évolution majeure. J’avais proposé une plateforme web commune d’achat pour le commerce locale liégeois. D’autres mesures pourraient être imaginées.
  • Marché de la Batte : vous dites, sur le mode nostalgique, « vouloir retrouver la Batte d’antan ». Pour ce faire, vous souhaitez notamment ramener des artisans, des producteurs en circuit court, des groupes folkloriques et des artistes. Sans critiquer la pertinence de vos idées, les commerçants de la Batte demande avant tout une diminution des couts et l’allègements de certaines contraintes pour les vendeurs. Cela permettrait de relancer l’intérêt économique de la manifestation. Une réflexion sur ces points serait intéressante.
  • THEME 1 – Apaiser la Ville pour améliorer la qualité de vie
  • Sur la Zone 30km/h : j’adhère au principe, je l’avais lors du dernier conseil communal mais je trouve le calendrier extrêmement long. La mise en place est, comme dans d’autres domaines, timorée. J’avais pris l’exemple de la Ville de Lille, où Martine Aubry a mis toute la ville en zone 30km/h, excepté les grands axes, en quelques mois (entre aout et le mois prochain).  Ici, on est dans la perspective de 2025….
  • Permettre à chaque citoyen d’avoir accès à un parc ou un espace vert à moins de 10 min : c’est une mesure qui n’est pas nouvelle, elle s’inscrit dans une stratégie depuis quelques années. C’est intéressant, on voit notamment dans le PDU qu’il y a vraiment un travail de la majorité pour trouver des terrains pour accueillir des espaces verts, notamment dans les quartiers très urbains (Longdoz, Bressoux, Grivegnée, etc.) avec le site Palmolive, Albert 1er, etc.

Et dans le même temps, il y a le projet Bavière. C’est l’exemple type d’une occasion manquée de réaliser un grand parc public dans un quartier extrêmement dense et qui manque d’espaces verts. Quand je vois, par exemple, la réflexion intéressante d’un Pierre Arnould, qui vient avec un projet alternatif qui comprend un grand parc tout en maintenant le même nombre de logements, de bureaux et de services au sein d’une Tour en bordure de site, tout en dégageant le quai de la pression automobile via une trémie, je ne peux que constater le gâchis de l’utilisation de cette friche. Le précédent projet d’« Anorak » et « Himmos » prévoyait des bâtiments autour d’une grande place et d’un grand parc public. Ici, rien de tout cela n’est prévu !

Dans ce projet, il n’y pas non plus de Master Plan avec une vision urbanistique d’ensemble et cohérent du site. On a divisé le terrain en lots entre opérateurs et chacun fait comme il veut sur son lot. Il n’y a pas de vision urbanistique d’ensemble.

Le premier projet du site, 155 logements coté Dérivation, a reçu un avis favorable de la Ville tout récemment est d’une banalité architecturale affligeante. On est vraiment dans la promotion immobilière classique. Le point positif, c’est est qu’il n’est pas encore trop tard pour changer de fusil d’épaule et envisager un parc public, c’est en tout cas mon souhait.

  • Poursuivre l’extension des places de parking riverains : C’est un gros point noir en ville. Outre l’augmentation des zones « riverains » (derrière la gare à Cointe notamment où cela devient l’anarchie en semaine), une des pistes intéressantes est d’étendre la mobilisation des parkings privés de bureaux ou de surfaces commerciales au bénéfice du stationnement nocturne des riverains​. Il faut évidemment pour cela éviter les écueils juridiques en créer un cadre. Il n’est pas inintéressant d’aller voir du coté de Schaerbeek justement, où le cadre existe.
  • Elargir le piétonnier dans l’hyper-centre :  DéFI adhère à la piétonisation intelligente du centre-ville en concertation avec les habitants et les commerçants. La rue de la Casquette est un bon exemple qui montre que piétonnisation peut rimer avec revitalisation d’une rue commerçante.  Deux remarques : 1.une piétonnisation de certaines rues dans des quartiers périphériques mériteraient une réflexion. 2. En plus de toutes les rues citées dans le document, la mise en piétonnier de la rue Saint-Gilles mériterait aussi une étude. Pendant la campagne des communales, j’avais fait le tour des commerces de la rue et un consensus semblait se dégager pour une piétonnisation de cette rue étroite, lieu de passage pour de nombreux étudiants et en perte de vitesse commerciale.
  • THEME 2  – Mobilité

Beaucoup de mesures dans cette partie mobilité. C’est une matière qui relève surtout du niveau régional.

  • Réorganisation des TEC : je pense qu’on a déjà raté une première étape, c’est le renforcement et l’adaptation de l’offre pendant les travaux du tram.  Vu la situation chaque jour en heures de pointe, je pense qu’il aurait fallu un plan d’urgence de bus pendant les travaux. Il n’est pas encore trop tard, les travaux sont là jusqu’en 2022. J’espère qu’on ne ratera pas la seconde étape : la réorganisation du réseau tec autour de la ligne de tram. Actuellement, ce n’est pas très rassurant : on n’a encore rien vu venir à ce sujet. Si l’on veut réellement que les citoyens changent de comportement et abandonnent la voiture, il faut des alternatives crédibles à la voiture.
  • Le BHNS entre Ans et Chênée : ce qu’on appelle la « transurbaine », qui se trouve également dans les projets métropolitains, les nouvelles ne sont pas rassurantes. Dans l’accord de gouvernement wallon, on ne parle plus d’une seconde ligne de tram mais d’un BHNS. Idem dans le PST, où l’on parle de l’objectif d’un BHNS pour 2025. C’est là que je me pose des questions : d’ici là, la demande aura encore augmenté et les BHNS ne seront pas suffisants en termes de capacité. C’est là qu’on voit que la deuxième ligne de tram sera impérative pour compléter le réseau. Il faut une union sacrée « Principautaire » de tous les partis sur cette question et obtenir une deuxième ligne de tram auprès de la RW.
  • Micro-mobilité : en ce qui concerne les trottinettes électriques en libre-service, il y aurait peut-être lieu d’en faire le bilan carbone (ne remplace pas des déplacements “carbonnés” et sont très rapidement hors d’usage …). Je relance également l’idée d’emplacements « incitatifs » pour les trottinettes dans les endroits stratégiques.
  • Transformation de la fin de la E25 : c’est un projet intéressant, je pense qu’il serait également judicieux de lancer une réflexion sur l’idée d’un tunnel pour rejoindre l’autoroute des Ardennes. Ce serait l’occasion à la fois de jeter définitivement aux orties l’autoroute CHB et de décharger les quais de la Dérivation, actuelle véritable autoroute urbaine, de la circulation de transit. Ce qui est une première étape pour remodeler cet ensemble d’espaces publics, sur le modèle du quai de Rome. Cela pourrait s’inscrire dans la réflexion du futur Master-plan pour cette zone à enjeux du territoire que vous souhaitez lancer.
  • THEME  3 – Réussir la transition climatique

Beaucoup de mesures intéressantes, il faudra évidemment voir la budgétisation et l’implémentation de celles-ci.

  • Végétalisation urbaine : C’est évidemment une belle ambition que de planter davantage d’arbres en Ville. Les avantages sont nombreux (qualité de l’air, lutte contre les ilots de chaleur, etc.) Il ne serait pas inopportun de s’inspirer du projet des Forêts urbaines de la Maire de Paris, Anne Hidalgo. Je verrai bien des forêts urbaines sur les places du XX Aout et Cockerill. Et pourquoi, envisager de végétaliser un peu la place emblématique de Liège : la Place Saint-Lambert, désespérément trop minérale.

Parallèlement à cela, la Ville de Liège doit veiller à conserver son patrimoine forestier, je pense au Sart Tilman qui, petit à petit, est grignoté (parkings du CHU, Science park, etc.)

  • THEME 4 – Faire de Liège une Ville plus inclusive, solidaire et émancipatrice

Ce thème est assez large, cela part un peu dans tous les sens.

  • Etats généraux de l’enseignement liégeois : c’est évidemment une bonne chose de lancer une réflexion sur ce domaine stratégique, en pleine mutation. Beaucoup d’enseignants sont inquiets face au Pacte dit d’excellence de la FWB. C’est l’occasion de les écouter. J’espère que ce sera également l’occasion de discuter :
    • du rôle d’émancipation, d’ascenseur social, quelque soit les origines des élèves de l’enseignement public, qui semble parfois en panne.
  • de remettre l’accent en priorité sur ​la maîtrise de la langue française et la               maîtrise des compétences de base ​(expression orale et écrite, lecture, calcul) plutôt que sur des avatars du Rénové.
  • du défi démographique des écoles liégeoises : l’enseignement fondamental liégeois arrivant à saturation. Des investissements sont nécessaires.
  • THEME 6 – Lutte contre les incivilités

Dernier thème qui reprend au niveau de la sécurité des mesures assez consensuelles comme renforcer la présence des policiers sur le terrain ou faire connaitre à chaque citoyen son inspecteur de quartier. A ce niveau, je crois que la vraie question qui conditionne toutes ces mesures, c’est la préservation des 13 commissariats de quartier de la Ville. Et là, effectivement, il me semble qu’il y a une inconnue.

En conclusion

Le Programme Stratégique Transversal – Liège 2025 est un document qui comporte à la fois des propositions intéressantes, quelques idées originales, des propositions d’études, des mesures consensuelles, anecdotiques ou déjà vues dans les précédents documents de ce type, des oublis aussi par rapport à des enjeux nouveaux. Bref, c’est surtout un catalogue de bonnes intentions.

L’absence de données chiffrées et de hiérarchisation des 137 actions prioritaires sont les principaux points faibles du document. Le processus participatif constitue le point fort du document : ce n’est pas parfait mais il y a une sincérité dans la démarche et c’est à saluer.

Bref, le vrai moment de vérité, ce sera le budget 2020 et suivants :  c’est là que nous pourrons voir quelles sont les véritables actions prioritaires, quel est le financement et les modalités d’implémentation de celles-ci. On verre concrètement ce qui ressort de ce projet de Ville Liège 2025. Et comme on dit souvent, le diable a tendance à se cacher dans les détails

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