Quelles actions contre la maltraitance des enfants ?

Question écrite au Collège – 21.05.2020

Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les membres du Collège communal,

 « Pourquoi personne n’a sauvé Laura ? », c’est le titre douloureux d’une émission de devoir d’enquête diffusée sur « La Une » et qui expose rudement le quotidien de tortures de Laura, de son frère et de sa sœur, imposé par leurs parents durant d’interminables années.

Un sujet encore trop tabou. Pourtant, c’est le quotidien de milliers d’enfants qui reçoivent, de leurs parents, des coups ou des brulures de cigarettes sur la peau, sont étouffés ou noyés dans un bain. Dans leur « cocon » familial, ils sont victimes de menaces, d’intimidations, de dénigrements. Certains manquent de « l’essentiel » et souffrent de négligences sévères : une tartine et un chocolat pour aller à l’école, un vêtement propre pour suivre les cours, un sommeil suffisant pour s’amuser avec les camarades dans la cour de récré… et j’en passe. Les derniers chiffres font froid dans le dos.

Ainsi, en Fédération Wallonie-Bruxelles, les équipes du service d’aide à la jeunesse (SAJ) et de protection de la jeunesse (SPJ) ont réalisé pas moins de 7.559 prises en charge d’enfants en raison de maltraitance : 4.812 pour négligence grave, 2.050 pour maltraitance physique, 1.469 jeunes pour maltraitance psychologique, 810 jeunes pour maltraitance sexuelle.

Vous l’aurez compris, de nombreux acteurs de la commune sont aux premières loges pour connaitre des cas de maltraitance sur les enfants et les jeunes. Ils sont souvent les seuls confidents possibles pour l’enfant. Pensons aux établissements scolaires, PMS, aux écoles de devoirs, aux clubs sportifs, aux associations diverses, aux bibliothèques et aux centres culturels pour n’en citer que quelques-uns. Les acteurs sont bien souvent démunis, souvent peu entendus. Encore récemment « les écoles » poussaient un cri d’alarme. Au-delà de nous glacer le sang, tout cela doit nous faire réagir sur la solidarité et la solidité du réseau des acteurs, à Liège, qui confrontés aux cas de maltraitance sur les enfants sont en charge de les gérer. La commune « devrait » jouer un rôle encadrant en raison de son maillage d’acteurs en 1ère ligne pour déceler les cas de maltraitance.

 Si le Plan stratégique transversal veut améliorer « le sort » des enfants sur la commune, notamment en corrigeant un certain nombre d’inégalités, il reste néanmoins discret sur le phénomène de la maltraitance des enfants. Le manque de prise en charge est aussi une forme de maltraitance.

Voici mes questions :

  • Quel est l’état des lieux pour ce qui concerne Liège en matière de maltraitance d’enfants ? Dispose-t-on de chiffres actualisés et circonscrits à Liège ? Si oui, quelles conclusions peut-on en tirer ?
  • Quelles sont les initiatives que le collège entend-prendre en la matière ? Une meilleure mise en réseau des acteurs (PMS, PSE, ONE, écoles, services de santé mentale, SOS Enfants, SAJ,…) est-elle à l’ordre du jour au travers d’un Plan de prévention contre la maltraitance infantile ?
  •  Certains acteurs qui œuvrent en faveur de la protection des mineurs recommandent de confier à un même échevin(e) les compétences de la jeunesse et de l’enfance pour permettre une vision d’ensemble et cohérente, ce qui m’invite à vous interroger sur la qualité de la collaboration entre ces deux échevinats…

Je vous remercie pour l’attention que vous consacrerez à cette question.

Veuillez recevoir, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les membres du Collège communal, l’assurance de ma considération distinguée.

François Pottié, conseiller communal de la Ville de Liège

La réponse du Collège :

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